Alors , voici un poème de Steven !

“J’ai fermé les yeux

Afin de laisser le rêve glisser

Et délicatement s’incarner

En nous deux.

Je nous vis alors,

Créatures préhistoriques,

Galopant dans des contrées mystiques

Où tout n’était que jungle féerique.

Nous avions rejoint un torrent

D’algues bleues, et d’insectes en uniforme,

Au sein duquel j’attrapais des papillons

Et, un à un, les tissais en forme

De collier, à toi, mon obscure moitié.

Les arbres défilaient au pas, nous primes

Les écailles de leur écorce,

Pour recouvrir nos peaux de morse

Aussi dures que féroces.

Un croissant dans le ciel

Fit son apparition et à son aimable salutation

Tous applaudirent à l’unisson.

Il y avait là, des chiens sur deux pattes,

Et des griffons ardents, des girafes

Pas plus hautes que trois pommes de pain,

Parmi d’autres coléoptères hystériques;

Des dragons sans ailes nous faisaient du feu,

Et dans les flammèches blêmes,

Les libellules écarquillaient

Des grands yeux bleus.

Un cerf de cinq pieds de long

Vint s’asseoir et nous conter

Les histoires des créatures vivantes;

Celles qui ne figurent que dans les légendes

Ramassées, ici comme là,

Sur les vieux bords de route.

L’esprit clair et bien rempli,

Nous nous endormîmes sur un tapis de lucie.

Et le croissant silencieux au-dessus de nos têtes

Dissipait l’illusion de ses pâles rayons.

La , qui nous avait survécu,

Repris sa place dans nos coeurs,

Et notre devenu aventureux

Grimpa jusqu’aux étoiles,

Leur arracha ces opales

Qui, aujourd’hui, sont les pétales

De ton vénéneux.”

Songe diurne (Le vampire)

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