Tout le monde a une opinion plus ou moins arrêtée sur la loi .

Le problème c’est que j’entends que trop rarement mon opinion exprimée, alors je profite du blog de mon épouse pour m’exprimer. Mon but est tout simplement de vous montrer depuis notre point de vue comment, nous, nous voyons les choses…

Ah ! La propriété intellectuelle ! Quelle belle invention ! Dommage que l’on puisse si facilement la détourner de son sens. Je précise que je n’ai rien contre et toute la vieille garde « artistique » française, chacun fait ce qu’il veut du moment qu’il n’empêche pas les autres de créer et de partager. Ce que prépare notre bon c’est ni plus ni moins qu’un singulier retour en arrière en matière de liberté et d’accès à la culture. Les conseils sur l’oreiller ne sont pas toujours les plus sensés…

Je vais d’abord vous expliquer comment j’en suis arrivé à la conclusion fatale qu’ était « pensée » par des gens n’ayant jamais eu la fibre artistique. De pauvres créatures omnivores qui attendent la mort dans un brouhaha sonore sans intérêt, des humains qui n’ont jamais été transi par un riff de guitare ou par un chorus particulièrement bien balancé…

J’ai commencé à m’intéresser à la musique au collège mais j’ai du attendre le lycée pour me faire mes premières armes. Avec des potes on a monté un groupe de Metal : . Ce groupe a été pour moi un véritable phare dans la tempête de l’adolescence.

Il m’a obligé à me structurer, à tenir mes engagements et à relativiser sur mon état d’être pluricellulaire perdu dans le cosmos.

Mais un groupe amateur, c’est synonyme de galère…

Tout commence avec la . Organisme privé agréé par l’État pour gérer les droits de diffusion des artistes.

Vous avez déjà essayé de déclarer vos impôts aux frais réels ?

Bah, la , c’est un peu la même chose sauf que c’est votre art qui devient chiant à gérer. L’auto-entrepreneur n’existe pas chez eux…Il faut tout faire comme si ton projet musical avait vocation a devenir une multinationale, ce qui n’est pas forcément le rêve de tout le monde.

Je ne vais pas rentrer dans les détails car ce serait trop long mais la m’a couté plus qu’elle ne m’a rapporté en dix ans de carrière…

J’ai perdu pas loin de 3-4000 euros et un bon millier d’heures de mon temps.

Tout ça pour avoir le droit d’exister, d’être pressé, distribué etc.… Tout simplement participer à l’œuvre collective.

Mais, je ne suis pas , non seulement, ça me rapporte moins que lui mais je n’ai surtout personne pour s’occuper de toutes ses conneries administratives.

Et puis il y a eu le net. Le . Le téléchargement et ses beaux lecteurs mp3…

Effectivement, nous avons vendu moins d’exemplaires du second album que du premier…Et alors ? La faute au développement du téléchargement ?

Peut-être et alors ?

Ce nouvel état de fait permet de supprimer une ribambelle d’abrutis sourdingues que nous devions jadis séduire avant de pouvoir rencontrer notre public.

Voici comment il y a dix ans la chaine se montait :

– Pressage – Distribution- Point de ventes- Public.

Aujourd’hui, le schéma est bien plus simple :

– Home – Internet – Public.

On peut garder soit le téléchargement légal soit le free download dont je suis pour.

On a réussi à supprimer tout ça :

: Grace à la montée en puissance des ordinateurs domestiques et à l’accessibilité a des logiciel de killer comme Pro Tools, on n’est plus vraiment obligé de vendre père et mère pour avoir un son audible.

: Institution monolithique qui recrute visiblement sur casting ses employées qui vous demande 3 mois de boulot pour avoir le droit d’être estampillé !

: Société de droits de reproduction mécanique. Une sorte de crédit d’impôt à payer pour que le presseur puisse légalement presser. Faite à l’origine pour protéger les artistes des labels indélicats, c’est une machine à broyer les rêves des groupes en devenir.

J’y ai laissé plein de thunes pour rien.

Pressage : C’est le fabricant du CD, ils sont 4-5 a se partager le monopole donc si t’en fais pas 500.000 c’est l’arnaque. Et puis grâce à Internet on n’est plus obligé de convertir nos œuvres en polluants de carbone.

Distribution : C’est l’intermédiaire qui rajoute 30% au prix du pour le placer dans les points de vente. Si tu n’es pas Mickaël Jackson son travail consiste à ajouter ton nom sur une liste de 200 artistes que le vendeur de la doit cocher pour recevoir les disques. Et s’il demande : Tiens ! Ils n’avaient pas déjà sorti un album ?

Le distributeur répond généralement : Je ne sais pas regardez sur la liste…

Point de Vente : Les emplacements de rayons sont géré comme les têtes de gondoles de supermarché, sauf qu’on vend des artistes a la place de la super offre « Pour 2 Bouteilles de Ricard, un ballon offert ! » La durée de vie moyenne d’un à découvrir en rayon est de 5 semaines. C’est chié pour deux ans de taff, non ?

Mais il y a tellement de références à vendre alors tu comprends…

Ce que je comprends surtout, c’est que tu ne sers à rien.

Si c’est pour me garder un Thriller ou un le Roi Soleil, je ne vois pas pourquoi j’irais te l’acheter… En fait, ils ne font que de la vente générale et sont donc d’aucun conseil.

Franchement, je ne vois pas ou est le mal à squeezer tous ces relous aux oreilles sales !

Le seul son qu’ils entendent c’est la fermeture du tiroir-caisse et les aboiements des labels qui se disputent les têtes de gondoles…

Vous savez comment on fabrique un d’or ?

On presse 100.000 CD, on les envoie via le distributeur sur les points de ventes.

Si au bout de 5 semaines, le revendeur renvoie des palettes d’invendus, ils retournent au stock ou ils seront détruits et désinvestis.

On ne sait pas combien de CD on été vendus en réalité, on ne se base que sur ce qui est sorti de chez le presseur sous l’autorité de la .

Voilà comment on peut être sur d’être d’Or avant la tournée promotionnelle.

Outre le coté super pas écolo de la démarche, il y a quand même un sacré foutage de gueule à l’arrivée…

Et vous pensez que cette petite mafia aurait le droit de nous imposer à tous son point de vue? Ce ne sont pas les mieux placé pour parler de la musique sur Internet.

J’ai eu l’honneur d’être entendu par un représentant officiel de ce fiasco discographique.

Je lui ai demandé :

- Dites-moi qu’est ce que vous reprochez au téléchargement ?

Étonné il me répond : ça tue le !

- Bah, non, si l’oeuvre fixée sur le me transcende, je ne peux pas souffrir que de l’avoir uniquement en simple version binaire, il me faut l’objet, avec l’univers de l’ autour..donc pas de soucis… Sauf pour vos daubes de tubes de l’été qui ont une durée de vie inférieure à deux écoutes… Là le téléchargement évite de se faire arnaquer comme de part le passé.

- Vous ne pensez pas ce que vous dites, en tant qu’ vous rêveriez de vivre de votre musique !

Oui, mais en rendant les gens heureux pas en les carottant d’une bouse de 12cm sur 12 !

Quitte a faire comme ça je préfère carotter les gens en leur vendant des assurances bidons plutôt qu’avec ce que nous avons écrit pendant toutes ses nuits blanches au local de répèt !

Et là, avec son discours super rodé il me sort l’argument massue : Sans nous les artistes ne pourraient pas créer et travailler librement, nous sommes là pour protéger leurs intérêts.

Alors je lui demande, mais vous vendez quoi au juste ? Un support ou une œuvre ?

Car si c’est le support, le téléchargement est votre ami !

Il vous évite de vous casser les pieds à faire fabriquer un CD de carbone, et de mémoire de disquaire on a jamais vu un téléchargement sortir d’un magasin les poches pleines !

Par contre, si c’est l’œuvre, je comprends que cela vous embête….

Mais si je peux me permettre toutefois, si votre démarche était réellement honnête avec mon ticket d’achat, je pourrais faire changer ad vitam aeternam mon CD tout rayé qui ne passe plus contre le même en neuf, puisque c’est l’accès à l’œuvre que vous m’avez fait payer… Mais ce n’est pas le cas, hum ?

Il n’a jamais pu répondre clairement, il a juste bafouillé, bu une gorgée d’eau pour me balancer un « Vous les jeunes, c’est toujours compliqué avec vous… »

Je ne vois pas ce qu’il y a de compliqué entre la jouissance d’une œuvre et le prix de fabrication du support, mais s’il y avait plus d’artistes amoureux transi de leur propre art ce débat n’aurait même pas lieu.

Nous avons un troisième album en préparation. Je crois que toute cette vieille garde ne verra pas passer un riff ! Je les laisse à leur riche inculture auto-suffisante.

Mais si j’apprends qu’un internaute français c’est fait sucrer son abonnement pour avoir téléchargé des titres d’, je crois que j’aurais plus qu’a me tirer une balle !!!

Si un soutien , c’est qu’il aime plus l’argent que la musique.

C’est aussi simple que cela.

Il faudrait faire une liste des artistes qui interdisent formellement à l’Etat d’attaquer des personnes privées en utilisant leurs œuvres comme pièce a conviction.

Moi, je signe tout de suite !

L’avenir de l’industrie du ?

Pour info, un T-shirt ou une place de concert ça ne se télécharge pas, alors si vous voulez des thunes faites des tournées plutôt que de venir chialer comme un gosse dans les jupes de Carla.

A quand la liste des artistes « Free » ?

A très bon entendeur, salut !

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