LIVEREPORT
Voici sans doute, l’un des Live-Report les moins impartiaux qu’il vous aura été donné de lire et je m’en excuse par avance… Il faut dire que j’ai, tout de même, deux circonstances atténuantes à présenter.
La première, c’est que ce n’est autre que mon épouse que j’ai suivi dans son effort musical et la seconde est que j’ai été victime de ce qu’il conviendrait d’appeler une « tempête dentaire »… Mais retournons au départ de cette histoire, la chronologie des évènements sera le seul fil rouge de ce week-end « LIVE MUSIC », de cette façon, vous pourrez mieux appréhender la délicieuse confusion du récit au fur et à mesure que ma « météo buccale » se gâte…
Tout commence Jeudi soir aux studios SMOM de la rue Boyer.
Chemin faisant, je croise la route du subversif BBD qui se rendait lui aussi à la première représentation publique des PRAVA version 2.0.
Nous découvrons un agréable local de répétition confortable et bien équipé, sur place déjà plusieurs personnes s’affairent encore aux derniers préparatifs et c’est avec une joie non dissimulée que nous retrouvons Patrick et Weedo sur le pied de guerre avec force objectifs numériques pour figer l’instant à jamais dans leurs disques durs.
Un brin de discussion avec Miss Axou, venue soutenir sa grande amie et quelques blagues d’experts avisés sur les différents microcosmes parisiens venus se presser pour découvrir cette nouvelle version de Pravda avec Nina au chant, que déjà on nous annonce que Mac et Nina sont prêts.
Sur les premiers morceaux, la basse est assurée par la belle brune, le beau petit blond s’acharnant à sortir la moelle de sa guitare. Autant d’enthousiasme fait plaisir ! La sauce prend et les morceaux s’enchainent tambour battant, pas le temps d’échanger sur cette reprise arabisée des Ramones sobrement intitulée « Nina’s a punk rocker ! » ou de s’attarder sur l’énergie électrisante qui émane de la chanteuse une fois libérée de son lourd instrument de bois. Et c’est sur les chapeaux de roues que termine le duo avec les derniers titres de leur répertoire, composés conjointement entre Mac et Nina, dans un électro-Rock un peu moins consensuel et un poil plus virulent !
Une fois le set terminé, le moment des premiers échanges enthousiastes arrive et avec lui une sensation sourde mais lourde de menaces : Une douleur informe pas réellement définie me prends le crâne et commence un long travail de sape. Il est convenu de fêter entre amis cette petite soirée dans un restaurant turque de la rue de Ménilmontant. Hélas pour moi, cette partie là de la soirée a été entièrement parasitée par la douleur lancinante qui commençait à me vriller le crâne, me pressant de rentrer au plus vite…
Le lendemain, après un réveil douloureux, la nature du « Mal » se fait plus précise : Une couronne dentaire perdue quelques jours plus tôt et évidement négligée par votre serviteur, va se révéler être l’acteur principal du drame stomatologique qui se prépare, mais l’euphorie du départ l’emporte sur la raison et me voici dans le fameux « Mionc » des Toxic Sonic en route pour Saint Malo, sans cartes, ni GPS…
Il était déjà trop tard pour reculer…
Après avoir vogué dans un jugé plus ou moins heureux sur les routes de France, nous avons opté pour l’achat d’un salutaire GPS, qui de ses indications rassurantes à pu nous faire arriver sans encombres chez Bruno, le maitre de lieux qui nous accueille dans son humble demeure pour une soirée musicale dont il a le secret.
Hélas pour moi, les forces du mal dentaire sont déjà bien installées et une bonne partie du territoire maxillaire est déjà annexée. La lutte qu’opposent mes aspirines est dérisoire face à l’ouragan qui enfle dans ma bouche.
Après un line check, sérieux malgré la douleur, les Toxic Sonic sont prêts à faire parler la foudre. Et c’est mené par un Faez survolté derrière ses fûts que le groupe déroule superbement sa mécanique rutilante d’Électro-rock aux reflets pop irisé. Très vite on se laisse emporter par leur pop hystérique : La musique met tout le monde d’accord, la soirée s’annonce sympa ! Après nous avoir gratifié d’une version sur vitaminé de leur tube de l’été Indien : Sex On The Beach, le groupe ayant réchauffé ses tenues de latex et vinyle, est passé en mode de croisière enchainant parfaitement son set jusqu’à son apothéose finale !
Et c’est la barre haut placée que Mac endosse ses armoiries slaves pour défendre les couleurs de PRAVDA, à savoir un T-shirt du KGB !
C’est avec assurance que le duo entame son set malgré quelques soucis de réglages de son. Nina solidement campée sur ses jambes tenant fermement sa basse, décidée à en découdre et Mac impérial derrière sa flying blanche, ils ont fière allure les PRAVDA 2.0 !
Dès le début du set, avec Soyouz la connexion se fait avec le monde musical de PRAVDA, le changement d’ambiance c’est fait en douceur et c’est un peu hypnotisé que le groupe reprends avec une Nina « Électrique » accrochée à son micro comme un capitaine à la barre, ce qui tombe finalement bien quand on joie à Saint-Malo ! Le groupe prend ses marques et décolle avec un Fuck My Brain d’une rare intensité, le relâchement du stress sans doute… Donc, après ce Fuck My Brain exutoire, le groupe prend encore plus d’assise pour un Pop Music des plus endiablés ! Le groupe termine son set avec l’assurance du devoir accompli.
Avant de prendre congés de la bande de joyeux drilles mené par le facétieux « Tonio » Antonio ( Ex- Terminal Buzz Bomb !!! Si si, le groupe de Rennes !) Un dernier bœuf improvisé par les amis réunis, de quoi descendre doucement avant d’aller au dodo pour le prochain concert. Les antalgiques ayant enfin réussi à me donner du répit, j’ai même pu taper le bœuf à la basse avec mon David des Bad Mondays à la batterie !!! Mais bon la douleur ayant repris ses droits très vite, je me suis concentré sur les médicaments pour affronter ma tempête seul à la barre toute la nuit…
Au petit matin, n’ayant rien pu faire d’autre que de compter toute la nuit les pulsations de douleurs horriblement synchrones avec mes battements de cœurs, ma femme pris les choses en main. En effet, la douleur et le manque de sommeil sont les ennemis de la vivacité d’esprit. Et c’est donc un très gentil dentiste qui a bien voulu nous recevoir. Une ordonnance plus tard, je commence à retrouver mes esprits, ça tombe bien on reprend la route !
Le voyage vers la salle c’est passé comme une sorte de voyage cosmique en dehors de mes chakras ! La bataille des antibiotiques secoué à l’arrière du “Mionc” est une expérience à la limite du psychédélique… Tendance Bad Trip quand même… C’est pas un truc que je referai comme ça !
On arrive par le plus improbable des miracles devant une grande bâtisse posée au sommet d’une colline avec tout un bocage qui s’étend à perte de vue avec de longues ombres de nuages qui caressent le relief nonchalamment. Un cadre plutôt bucolique pour faire du rock ‘n’ roll, non ?
Et bien détrompez vous, l’intérieur lui aussi semble sorti d’un scénario de The Twilight Zone. En entrant à l’intérieur, le premier truc qui choque c’est la débauche de moyens techniques light et son pour l’endroit ! Les techniciens connaissent leur matos, ils sont là pour se faire plaisir, je suis tout de suite détendu. Je crois que ça va bien se passer.
A l’intérieur se trouve un grand bar dont le comptoir fait un angle droit. Face au bar, de longues tablées sont dressées et pleins de jeunes femmes apprêtée de rouges s’affairent à décorer l’espace de décorations diverses de la paire de basket à la pochette de disque (exclusivement des pochettes avec une femme représentée)
L’effet de surprise passée, on passe à l’installation du matos.
Encore un coup de codéine, pour essayer d’entendre autre chose que sa propre souffrance et je constate que les infrabasses du CD d’Elsa, sont redoutables sur mes trois racines inutiles…
Je prends le bon coté des choses, si Elsa teste le son de la salle avec un CD capable de me vriller de l’intérieur, c’est qu’elle a forcément une oreille avisée ! La suite ne m’a pas fait mentir, mais je suis obligé de sortir de la salle, j’ai trop vu de films d’horreur avec des types dont la tête éclate pour ne pas avoir envie de tester !
M’étant ressourcé dans les effluves vivifiants de l’herbe bretonne, je repasse une oreille sur les balances. Le son va être bon !
A partir de ce moment là, j’ai capitulé et je suis parti me réfugier en loges, pour ne sortir que plus tard…
La douleur à partir de ce moment a effacé le moindre de mes souvenirs. Je retrouve des bribes à partir de la fin de set des Toxic Sonic qui ont vraiment une dimension supérieure avec ce jeu de lumière et ce son impressionnant ! Mais les détails m’échappent un peu. Je me rappelle qu’à un moment, Mac a crié mon nom dans le micro et que j’ai accouru et qu’il m’a donné sa flying V pour changer une corde… Mais dire à quel moment ça c’est passé… serait trop risqué !
C’est donc avec les Toxic Sonic en loge que j’ai laissé Mac se mettre en mode PRAVDA et ma gentille femme endosser le rôle de Power Nina. A ce moment là, je me sens très mal, mais j’accompagne tout de même mon épouse jusque sur la scène, m’assure que tout va bien avant de m’éclipser par les coulisses pour rejoindre le bocage breton.
Alors que s’égrainaient les premières notes de PRAVDA, je jouai une bien triste partition, « la complainte de l’estomac et des cachets en vomi majeur ». Inutile de vous dire que j’ai eu toutes les peines à me reprendre et à retourner dans l’arène. Tout ce que je peux dire, c’est que par rapport au concert de la veille, le duo m’a semblé plus à l’aise, ce qui me laisse entendre que ça fonctionne bien entre Elsa et le groupe, c’est cool !
On se rend vite compte que la musique de PRAVDA mise en scène comme ça est redoutablement efficace ! En tout cas, le concert c’est terminé devant une salle enthousiaste et une asso ravie de sa soirée !
Hum… Sans cette satanée rage de dents, je pense que j’aurai pu passer une putain de bonne soirée ! Dommage pour moi et tant mieux pour tous ceux qui se sont amusés !
Voilà pour l’essentiel de ce qui reste comme bribe de souvenir, mais je me rappelle une fin de soirée hilare avec l’asso pour nous expliquez la route du gite alors que tous les intervenants avait chacun leur chemin pour y aller et leur taux d’alcoolémie variait en fonction de la simplicité de l’explication : Plus il était bourré et plus la route du gîte semblait simple !!! A la fin, on a quand même réussi à partir sans les clefs pour se planter devant le gîte, incapable de refaire le chemin inverse et obligés d’attendre que l’on sonne enfin l’heure du dodo…
Les médicaments et la fatigue aidant, j’ai pu dormir un peu, mais pas suffisamment pour me souvenir du retour dominical.
EPILOGUE :
Lundi 12H30 Le Dr Nelson retire trois antennes à infrabasse déguisées en racines dentaires de molaires de Rash.
3 Réponses
Bruno Raymond
5 novembre 2009 à 22 h 58 min
Superbe chronique péchue, avec le récit de la lutte avec l’infection dentaire on se croirait dans un papier de Lester Bangs, la classe.
Bravo
Antoine lessard ( tonio from st malo ))
6 novembre 2009 à 8 h 48 min
Hell yeah , super ton compte rendu !!
Steven
6 novembre 2009 à 14 h 32 min
Ah mon pauvre ami, y’a rien de pire qu’un bon mal dentaire pour plomber une soirée, et de surcroit en concert aie aie aie!!!
Je suis bien content que tout se soit bien passé pour Pravda. Voilà un essai transformé!!!
Rock n’roll!!!
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